Depuis la diffusion des moyens de communication modernes deux phénomènes
modifient structurellement toute l’organisation humaine : la manière
dont circule l’information et l’interactivité entre les personnes.
Aujourd’hui, l’information est accessible de partout, tout le temps,
et une interactivité est possible entre tous, à tous les moments, et
depuis tous les points de la planète. Auparavant, la politique, l’organisation
de la cité et le service public pour la répartition des biens essentiels,
s’organisaient dans un flux essentiellement descendant. Des élites
choisissaient et envoyaient les informations vers la population. La
démocratie s’opérait principalement au travers le vote d’individus
souvent superficiellement informés des ambitions et des programmes
qui allaient modifier leur vie et celle de leurs enfants. Les associations,
les partis politiques, les entreprises ne pouvaient s’organiser qu’en
microcosmes où 1000 personnes semblaient pouvoir représenter un pays.
Les médias radio-télévisés ou écrits s’efforçaient de diffuser largement
les évènements d’une actualité forcément globale, et les idées d’une
pensée forcément schématisée. Aujourd’hui les professionnels, les chercheurs,
les philosophes, les politiques, les entrepreneurs ont tous la possibilité
de s’exprimer largement, de façon détaillée, sans limite d’espace.
De la même façon chacun peut transmettre son actualité, communiquer
avec les personnes de son choix ou avec tous. Ailleurs d’autres individus
ou groupes sociaux peuvent recevoir, réagir avec leur propre expertise,
leurs propres idées. Le débat, la maïeutique, la rhétorique, vieux
concepts souvent épuisés renaissent revivifiés. Les outils numériques
en réseaux les rendent accessibles à tous. La compréhension, l’échange
d’idées, le témoignage, le questionnement, l’expression d’une opinion,
le choix, sont des richesses qui peuvent maintenant être largement
partagées. Même si en ligne la logographie est courante, l’orgueil
fréquent, et la pudeur malmenée. Même si l’accès aux outils est encore
très inégal. Même si la manipulation commerciale ou idéologique rôde,
un espoir formidable naît des usages rendus possibles par ces technologies :
celui d’une organisation humaine plus horizontale, plus transversale.
C’est pour défendre un espace non marchand de ces réseaux où les idées,
la solidarité, la démocratie et le service public peuvent se déployer
sans entraves commerciales, que de nombreux pionniers ont choisi de
construire un « INTERNET CITOYEN ». Ce sont les élus dans les territoires,
au plus près des habitants, qui, les premiers ont pris conscience de
cet enjeu. C’est donc avec eux et sur ces valeurs que sont fondées
depuis 10 ans les actions de Villes Internet.
Florence Durand Tornare
Fondatrice de l’association Villes Internet
Un ouvrage et un site proposés, conçus et rédigés par :
Florence Durand-Tornare, Marie Daniès, Anne Daubrée, Pascale
Moise.
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