LE LABEL

Des technologies de l’information pour contribuer au développement durable…

Date : 20 Novembre 2006

Consacré au Sommet de la Terre de Rio, le concept de développement durable s’est incarné ces dernières années auprès du grand public avec l’accélération des risques engendrés par les modes de production et de consommation : changements climatiques, impacts sanitaires de la pollution atmosphérique et des substances chimiques, renforcement des inégalités et de la pauvreté… Succédant à un 20e siècle propagateur de production industrielle au service de la consommation de masse dans les pays occidentaux et qui a vu l’émergence de la “société de l’information”, le 21e se frotte à ses limites et s’essaie à une réconciliation avec une planète à bout de souffle. Cette découverte peu réjouissante s’accompagne d’une mobilisation sans précédent pour un développement plus respectueux des hommes et des ressources, portée par des communautés de citoyens, au Nord comme au Sud, exaspérés par l’échec des politiques publiques d’environnement et de solidarité. De moins et moins marginales, ces communautés revendiquent le droit de contribuer à un monde plus responsable et de participer pleinement aux choix d’infrastructures et de production (énergie, agriculture, transports, échanges mondiaux, aménagement du territoire…) qui façonnent le présent et déterminent l’avenir. La société de l’information offre –enfin ?- l’opportunité d’une démocratie participative fondatrice de toute démarche de développement durable.

Les technologies de l’information -les TIC- et le développement durable ont de nombreux points de convergence :
- la planète est l’échelle de référence et d’intervention, les frontières sont abolies, vers l’avènement d’une communauté globale ?
- ils contribuent tous deux à favoriser « la productivité et la dématérialisation ».
- ils modifient profondément les relations entre la société et le pouvoir. Ils sont révélateurs, l’un et l’autre, d’une volonté des citoyens de s’affranchir des systèmes hiérarchiques traditionnels et de reprendre la main sur leur destin.
C’est l’organisation même des territoires qui est remise en cause, changeant considérablement les processus de décision et les méthodes de gestion, le jeu des acteurs. L’aménagement du territoire se réinvente.

Ces convergences sont à renforcer. La densification et la complexification des données (scientifiques, économiques, institutionnelles) à traiter nécessitent des moyens de communication performants, si citoyens et décideurs veulent exercer pleinement leur rôle au sein d’une démocratie efficace. Les technologies de l’information et de la communication offrent des potentiels sous-exploités pour la maîtrise des risques environnementaux ou l’amélioration des modes de vie.

Encore faut-il que ces moyens soient accessibles, au Nord comme au Sud. Encore faut-il que les utilisateurs soient formés à maîtriser ces outils, et non seulement à les consommer. Encore faut-il que les industriels du secteur s’engagent résolument et sous contrôle dans la maîtrise des risques environnementaux, sanitaires et culturels engendrés par ces technologies.

Les industriels, les grands prestataires de service –souvent issus des États- n’ont pas encore réellement pris en compte comme d’autres industriels leurs responsabilités sociétales (déstructuration familiale, tensions professionnelles…), sanitaires (physiques, psychologiques) et environnementales (énergie, ressources, déchets…), malgré des initiatives de plus en plus nombreuses ces derniers mois, pour la plupart fédérée par l’organisation du Forum économique international TIC à Valenciennes. L’accent devra être mis sur l’éducation critique des enfants aux médias et aux TIC. Les collectivités locales doivent y prendre leur part.

L’opportunité est très claire. Elle est présente dans la nouvelle stratégie de développement durable de l’Europe. C’est la rencontre opérationnelle entre la société de l’information, les démarches de développement durable (Agendas 21) et des territoires gérés en bonne gouvernance…


Gilles Berhault
Président d’ACIDD (Association communication et information pour le développement durable)
Président du Comité d’organisation de TIC21
Administrateur du Comité 21
gilles.berhault@acidd.com