Pour un numérique enraciné

Pas de numérique « hors-sol » ! Dématérialiser un processus ou un service ne fonctionne que si l’on pense à la re-matérialisation de la relation. Chaque service numérique au citoyen peut trouver son adresse : au domicile de l’usager, à l’Hôtel de ville, ou dans une maison dédiée. La localisation géographique des services est la garantie du respect des identités locales, du patrimoine, de l’attractivité du territoire. Elle est aussi l’assurance d’un service encadré et médié dans des lieux dédiés (hôtel de ville, colieu, fab lab, maison de services publics) par des agents formés, et si nécessaire, assermentés.

C’est donc une véritable marque territoriale « Village ou Ville Internet » que l’association Villes Internet propose à chaque municipalité, depuis les premiers usages publics de l’internet. Elle signale que l’on entre dans un territoire où les opportunités du numérique sont prises en compte pour la commune et chacun de ses habitants. La collectivité signifie ainsi sa volonté politique d’assumer l’ère du numérique, en affichant son label sur des panneaux d’entrée de ville. Voir ce signal en entrant dans le territoire certifie que l’on y trouve une palette de services numériques de qualité.

Un réseau numérique doit d’abord être un réseau humain

Toute société locale est construite sur des réseaux de proximité sans lesquels la dématérialisation, et plus encore la transformation des services publics essentiels, est impossible. La solidité du réseau pré-existant est garante du maintien de la confiance dans les services distanciels. La relation présentielle est un support de création du service au plus près des différents besoins. Toutes les relations tissées de longue date sont précieuses à la conception du bon service dématérialisé et simplifié.

C’est dans chaque ville une confiance à entretenir :  agent/administré, ou électeur/élu, ou commerçant/association, ou bénéficiaire d’une aide et représentant de la structure aidante (bourse, logements sociaux, santé, tourisme, etc.) Le numérique et ses algorithmes paraissent éloigner le producteur du service public de son usager, et pourtant il l’en rapproche : effective 24h sur 24, adapté à chaque public, accessible, continue et pérenne… Implanter un service public numérique sur un territoire permet d’impliquer les utilisateurs, de les rendre responsables et contributeurs.

C’est la règle que Villes Internet s’impose dans l’organisation de son programme 2016-2020, des services à distance automatisés pour les collectivités et un constant accompagnement téléphonique, et surtout des rencontres régulières, sous forme d’Assises, véritable tour de France des Villes Internet.

La culture numérique doit se partager

Utiliser Internet serait instinctif, en comprendre les avantages profonds mais aussi les risques latents serait inné ? Voilà une idée qui encourage la consommation passive de services pré-digérés et empêche d’affronter en conscience les risques de manipulation idéologique et commerciale et les risques écologiques liés à une consommation irresponsable. Apprendre les règles de « savoir vivre le numérique » donne des clés utiles aux citoyens. L’acteur public doit contribuer à l’acquisition de cette culture numérique et à sa diffusion. Impulsée dans les conventions de partenariat entre les académies et les collectivités, diffusée aux guichets, dans les lieux publics, dans l’information publique, etc., la « bonne » culture numérique contribue au lien social autour des valeurs républicaines. Elle est sous la responsabilité des élus, des agents territoriaux, des associations, des formateurs, etc., et des entrepreneurs.

Les nombreux animateurs et médiateurs présents dans l’Atlaas de l’Internet citoyen proposent leurs méthodes en repère de cette médiation de la culture numérique. De plus, Villes Internet s’est engagée dans une convention de partenariat avec l’État à produire un « référentiel national de formation des élus à la culture numérique ». Une production collective, bien sûr !

Transparence

Villes Internet, association loi 1901 à but non lucratif, vit des cotisations de ses membres, et de convention d’objectifs avec des partenaires publics ou privés avec qui elle partage ses valeurs. Le rapport du commissaire aux comptes est publié annuellement au Journal officiel.

Neutralité

Pour assurer sa neutralité politique et l’approche scientifique de sa démarche l’Association Villes Internet est présidée par un universitaire, Emmanuel Eveno, professeur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, directeur du Centre interdisciplinaire d’études urbaines. Le conseil d’administration est composé de maires représentatifs de la diversité politique française.