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Le numérique à la maison : l’innovation pour tous ? 

Publié le 28 septembre 2017

 

Du 26 au 28 septembre 2017 se tient à Strasbourg, le 78ème congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat. Objets et services connectés dans les foyers (domotique), services en ligne et outils métiers, le logement social n’échappe pas à la transformation. Que peuvent apporter ces services ? Ne sont-ils pas sans risque ? Tour d’horizon.

Vers une gestion numérique unifiée de la demande de logement sociaux

Depuis juin 2016, la loi ALUR a créé un dossier unique de demande de logement permettant la synchronisation avec une base nationale. Ainsi, de nombreuses villes doivent se doter d’un logiciel spécifique, véritable plateforme commune pour l’ensemble des collectivités. À l’instar de Roquefort-les-Pins (@@@2015 – Alpes Maritime) qui utilise celui fourni par la CASA (communauté d’agglomération) pour simplifier la gestion des demandes de logements sociaux. La ville du Pré-Saint-Gervais (@@@2017 – Seine-Saint-Denis) a opté pour le portail du Ministère du Logement et de l’Habitat Durable, SNE (Système National d’Enregistrement) pour enregistrer les demandes et dépôts : chaque année, environ 1500 créations/renouvellements de demandes de logement social sont ainsi déposés en ligne. Pour accompagner ces nouvelles pratiques, certaines communes proposent une aide individuelle pour soutenir les demandeurs. C’est le cas à la mairie d’Élancourt (@@@2017 – Yvelines) où un agent du service social aide à la saisie des dossiers. À Versailles (Yvelines), depuis le début de l’année, le demandeur peut déposer ou modifier son dossier en ligne. La municipalité assure que la communication est meilleure avec les demandeurs grâce à l’accès immédiat aux dernières mises à jour de leur dossier.

 

 

L’information en ligne pour simplifier l’accès au logement

La transparence dans l’attribution des logements sociaux est un sujet complexe, qui est le propriétaire, quel est le champ de responsabilité de la ville, comment se répartissent les aides du département ? Aux municipalités de combattre les préjugés, pour le faire elles utilisent aussi les réseaux numériques et leurs sites internet, souvent plus visités par les publics concernés que les journaux municipaux ne sont lus. A Magny-les-Hameaux (Yvelines), une charte communale du logement social précisant les conditions d’attribution des logements est disponible en ligne pour tous les administrés. La Maison de l’Habitat a sa rubrique dédiée sur le site de Fleury-sur-Orne (@@@@@2017 – Calvados) pour l’accompagnement et la recherche de logement.  En 2014, la ville de Sèvres (@@@@@2017 – Hauts-de-Seine) avait déjà misé sur un “serious game” sous forme de quizz pour aider à mieux comprendre les clés du logement social.

 

 

Des logements connectés pour tous

Fin 2015, 12 000 logements sociaux de Bron (@@@@@2017 – Rhône)  étaient déjà  équipés en fibre très haut débit. Aujourd’hui les bailleurs sociaux n’hésitent plus à coopérer avec les opérateurs et municipalités comme à Châteauroux (@2015 – Indre) où l’opérateur principal s’est engagé à “fibrer” 4000 logements collectifs. Reste à analyser comment les habitants utilisent effectivement les opportunités domotiques de ce cablage numérique haut de gamme.

 

Ecologie et services à la personne

Les premières résidences connectées et “passives” en terme d’énergie sont livrés ou en cours de livraison en France. À Malaunay (Seine-Maritime), un immeuble social propose des options technologiques dernier cri à ses locataires. Descendre et remonter les volets, suivre les consommations électriques, modifier  la température ambiante, éteindre les interrupteurs… Gérer sa maison devient possible depuis son lieu de travail ou de vacances.  De tels chantiers restent encore exceptionnels puisque le surcoût est encore de 30% par rapport à la construction d’un immeuble classique.

Le bailleur social “Habitat du Nord” expérimente également les nouvelles technologies dans un de ses immeubles, en partenariat avec la ville de Villeneuve-d’Ascq (@@@@@2017 – Nord). Cette fois moins pour le confort que pour la sécurité, en l’occurence celle des personnes âgées : montre intelligente qui contacte les proches en cas de chute, caméra pour communiquer avec sa famille et le corps médical, envoi de SMS en cas de panne d’ascenseur ou autre urgence. Les interventions rapides sont facilitées et sauvent parfois des vies !

L’enjeu des données personnelles

Ces dispositifs posent au législateur des questions de libertés individuelles liées à la circulation de données personnelles. Quand le bailleur social ou la collectivité devient gestionnaire de données, la question de la vie privée ne doit pas être contournée. Le CROUS de Rennes (Ille-et-Vilaine) a abandonné un projet de lits connectés avec capteurs d’usure destiné à l’entretien du matériel : les étudiants ont refusé ce qu’ils ont considéré comme une atteinte à la vie privée. Le stockage, l’exploitation et la sécurité de ces données personnelles “domestiques”  est déjà un frein pour de nombreux projets : quelque soit le type de logement et la qualité des services innovants rendus, la liberté personnelle doit rester un bien inviolable.

 

Consulter le programme de l’USH : http://union-habitat.org/sites/default/files/Programme%20Village%20start-up%202017%2008%2003.pdf

Votre commune expérimente également les logements sociaux connectés ?

Partagez vos action dans l’ATLAAS !

 

 

Par Clémence Priou