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Rixheim : vers la fin de la fracture numérique ?

Publié le 20 février 2019 Education Médiation

Nichée dans une anse du fossé rhénan, la ville de Rixheim est au confluent de trois régions naturelles : le Sundgau, la forêt de la Hardt et la plaine de l’Ill. Mentionné pour la première fois sous la dénomination de Richeneshies en 823, le riche territoire de Rixheim fut disputé très tôt entre les grands propriétaires nobles ou ecclésiastiques. Malgré les batailles et guerres qui se sont succédé, Rixheim possède encore aujourd’hui de remarquables atouts. Son patrimoine bâti historique, et particulièrement la Commanderie des Chevaliers Teutoniques où se trouve l’hôtel de ville. Ses papiers peints uniques au monde qui ornent notamment les murs de la Maison Blanche et son musée du Papier peint. Et enfin ses Médiévales de Rixheim, festival médiéval qui a rassemblé plus de 8000 personnes pendant trois jours lors de la dernière édition. De l’histoire, de la culture et aussi… du numérique pour cette ville inscrite dans son époque et labellisée [email protected] par Villes Internet.

Un objectif, réduire la fracture numérique

Le maire de Rixheim Ludovic Haye et son équipe poursuivent un objectif : réduire la fracture numérique. Deux chemins permettent, selon eux, de l’atteindre : l’arrivée de la fibre optique sur le territoire et la lutte contre l’illectronisme.

Ainsi, après 2 ans d’études et d’élaboration d’argumentaires justifiant le besoin, la ville de Rixheim travaille désormais avec l’opérateur retenu pour la mise en place de la fibre optique sur l’ensemble de l’agglomération. Aujourd’hui, près de 99% de la population en bénéficie. C’est une grande satisfaction pour une ville dont les débits Internet n’étaient pas assez rapides pour les technologies actuelles telles que le télétravail ou les activités numériques d’un foyer au 21e siècle.

De même, alors que de plus en plus de démarches sont dématérialisées, le chiffre de 25 % de la population touchée par l’illectronisme interpelle l’édile de la ville. C’est un véritable souci pour les personnes qui ne sont pas à l’aise sur Internet d’effectuer des procédures administratives seules.

Il déclare ainsi : « Il me semble important, voire indispensable, de permettre à toutes les générations de manipuler de nouveaux matériels numériques et d’en maîtriser l’utilisation. ».

C’est la raison pour laquelle la municipalité déploie le numérique dans les écoles, par un financement et un volet éducatif visant à sensibiliser aux risques. Près de 60 000 € ont été consacrés au précâblage des écoles primaires et au collège afin d’installer la fibre dans toutes les classes avec des prises adaptées. Des équipements pédagogiques comme les TBI ( tableaux blancs interactifs) et des tablettes ont complété ce dispositif.

C’est aussi pour cette raison qu’elle organise des cours d’informatique en direction des séniors dans le cadre des activités de la Maison de vie. Et enfin, qu’elle est en train de pourvoir en tablettes la maison de retraite et l’EHPAD.

Une politique qui porte ses fruits et qui doit continuer de se déployer

Lorsqu’on interroge le maire de la ville sur l’appropriation par la population de tous ces dispositifs, la réponse est sans appel : « en ce qui concerne les écoles, une majorité des enseignants ne pourrait plus s’en passer : préparation des cours, façon d’enseigner, exercices en ligne, etc. Les élèves ont également totalement intégré ce matériel numérique. Cette méthode d’enseignement permet en particulier une correction quasi immédiate et la participation de tous, y compris des enfants rencontrant des difficultés. »

Si les Rixheimois sont satisfaits de ces mesures, la marge de progression est considérable, notamment en ce qui concerne la dématérialisation interne. Celle-ci représente un chantier important des prochaines années : parapheurs électroniques, factures, transmission DGFiP…

Il s’agira également de dresser le bilan des outils destinés aux seniors et d’approfondir cet aspect en répondant encore mieux à leurs besoins.

Pour ce faire, la ville a créé un poste de chargé de mission « développement du numérique et Internet » dont les responsabilités vont de la réalisation d’un cahier des charges innovant dans le cadre de la réfection du site Internet municipal à la mise en place de plusieurs zones « wifi public ».

Ludovic Haye peut alors aisément conclure : « Nous essayons de favoriser le numérique pertinent à tous les âges de la vie. »

 

Par Anna Mélin