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Les Passeurs de la culTure numerique

Publié le 22 août 2017

 

 

En fevrier 1995 une quinzaine d’intellectuels français mondialement connus pour certains et une dizaine de militants associatifs, tout à fait inconnus (!),  lancent un appel au G7 sur les chances et les risques de l’entrée de l’Europe dans ce qui va très vite être appellé la « société de l’information ». Ce texte dont je suis alors une des jeunes signataires « militante », pointe des chances et des risques liés aux outils numériques en reseau : impact environnemental (liés aux technologies du vivant notamment) impact societal ( lié aux manipulations ideologiques et commerciales) et impact politique  (sur la democratie). Son contenu sera peu ou prou décliné dans le premier discours présidentiel français fondateur des premieres politiques publiques « numeriques » en Europe prononcé par Lionel Jospin en 1997 à Hourtin. 

 

La  » Societé de l’information solidaire » est officiellement lancée dans un combat politique pour défendre la place et le rôle des acteurs publics ( Etats et villes) face à la mondialisation financière ( et à cet instant à la toute nouvelle concurrence des opérateurs) dont l’internet devient rapidement le support. C’est ce que la societe civile française va diffuser dans les réunions internationales et notamment à la Dotforce du G8 à Tokyo (Digital opportunities taskforce) où nous sommes trois representants « citoyens » à accompagner le gouvernement français. 

Un des enjeux majeurs est l’appropriation sociale des usages de ces  « Tic » ( aujourd’hui globalisées en français avec le mot « numerique ») comme préalable aux choix technologiques et infrastructurels. Son premier levier va être l’accès public aux usages d’internet. En découleront immediatement au moins trois actions nationales de sensibilisation et d’accompagnement des publics : la Fête de l’internet qui est encore utilisée comme levier de pédagogie  par certains « médiateurs du numérique », le Label national Villes Internet toujours sollicité comme outil d’évaluation par les differentes generations de maires (qui prônent la continuité ! ), et le reseau des animateurs sociaux et éducateurs populaires engagés partout en France dans la lutte contre le fossé numérique ( avec différentes strucures nationales ou locales que vous connaissez ou avez connues ) .

 Hélas malgré toute ces consciences, le fossé en question est aujourd’hui  demultiplié dans ses formes et toujours  plus discriminant avec la généralisation simplificatrice des dispositifs numeriques de masse. Et pour rapprocher les deux bords de nouvelles actions sont encore et encore à inventer ce que vous voulez faire avec La Mednum.

 

Voilà brossé rapidement, il faudrait l’écrire, d’où vient La MEDNUM, et elle marquera cette histoire.

 En effet, c’est  la première fois de l’histoire du numérique en France que les acteurs publics et associatifs sont à égalité matérielle dans une structure juste car coopérative et donc démocratique. Et nous remercierons Axelle Lemaire de l’avoir rendu possible. 

 

Je m’adresse ici particulièrement à la quinzaine d’entre vous qui me connaissent,  dont certains m’ont invitée à participer, et d’autres conseillé la patience, et dont je connais l’énergie pour deux ou trois depuis plus de 15 ans. 

Je vous invite à inscrire fermement vos valeurs dans cette nouvelle phase de l’histoire. Vous êtes les garants des fondamentaux, pour le bien social, pour une democratie forte portée par une éthique de la générosité qui sait faire face aux dérives des interêts à court terme.

 

A chacun de vous, les plus jeunes surtout, soyez sûrs que votre pouvoir est grand, plus que vous ne l’imaginez sur l’instant. Pouvoir d’orienter ou de scleroser, pouvoir de construire ou de déstabiliserr. C’est  une responsabilité, un engagement. Et il est d’autant plus important que les valeurs que j’évoque sont portées par une grande majorité des 15000 femmes et hommes animateurs, médiateurs, qui comprennent qu’on parle  d’eux (sinon pour eux) quand on construit un projet pour la « médiation » numerique. Mediateur du bien commun, des services publics, de l’espace public, de la citoyenneté, de l’éducation critique, de la consommation raisonnée de l’information, de l’identité numérique du citoyen, …. Bientôt deux générations d’agents publics et de militants associatifs, qui méritent bien qu’on se battent pour assurer qu’ils reconnaissent dans la Mednum un contributeur de la politique sociale essentielle qu’ils fabriquent quotidiennement. 

L’intelligence collective que nous portons dans ce collectif, avec la force de nos reseaux n’a de valeur pour moi que dans ce sens.  A ce stade de l’accouchement de notre nouvelle organisation je tenais à le rappeler. 

 

Dois je souligner que ma seule motivation est d’y participer ? 

Militante pour l’internet citoyen 

Par Florence Durand-Tornare