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La cour des comptes évalue l’État « digital ». Et si les collectivités étaient en avance ?

Publié le 11 février 2018

« La Cour des Comptes a mené et achevé en 2017 le contrôle de la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC).

Si elle constate des progrès dans l’organisation de la fonction et dans la définition de la stratégie numérique de l’État, à présent placées sous l’autorité du Premier ministre (I), la Cour relève aujourd’hui que les premières réalisations invitent à une amplification de la démarche engagée (II). »

 

Vous êtes élu au numérique, référent d’une Ville Internet ?

Comprendre comment l’État organise sa transformation numérique est un atout pour produire la vôtre. La lecture de ce rapport de la Cour des comptes propose des pistes d’action également utiles pour les collectivités locales. Mais l’État ne s’est-il pas lui même inspiré des expertises locales ?

En matière d’innovation ce sont souvent les collectivités qui essuient les plâtres de l’experimentation, on l’a vu dans les années 2000 pour le numérique à l’école.  Depuis 1998 elles témoignent de leurs progrès alors que les différents gouvernements peinent à mettre en place l’intelligence collective indispensable à toute transformation culturelle profonde.
Ce  rapport a pour intérêt de permettre aux décideurs locaux de faire le point sur leurs propres pratiques. Et de profiter de la qualité des compétences rassemblées par la DINSIC pour gagner du temps dans le passage définitif à une organisation horizontalisée et fluidifiée.

D’autres moins engagés, ou plus prudents, y trouveront des pistes pour décliner au local des actions précises qui ont prouvé au national leur impact social et économique sur la gestion publique.

 

Rappel de bonnes pratiques de l’État soulignées par la Cour des Comptes

Nous observons que certaines collectivités françaises sont souvent bien plus avancées sur ces pratiques que l’administration générale (et même que leurs consœurs étrangères). 

Vous les appliquez déjà ? BravoPourtant ces classiques de la transition numérique sont loin d’être généralisés, alors mobilisez vous : de l’engagement des collectivités dépend l’égalité d’accès aux services publics numériques.

 Vers un systeme d’information unique

« Tirant les leçons des échecs antérieurs (…) des obligations s’imposent désormais aux administrations (alerte, « sécurisation », procédure d’avis sur les grands projets). La réunion, au sein d’une structure légère, des principales compétences liées aux systèmes d’information et du numérique a renforcé sa légitimité et sa capacité à aider les administrations. »

Un diagnostic opérationnel pour un prestataire interne

« Une volonté politique au plus haut niveau (…) ; une intention de modernisation, précédée d’un diagnostic abouti et opérationnel ; la création d’une structure légère qui s’est positionnée comme prestataire plutôt que comme prescripteur. »

Réduire la dépendance aux opérateurs

« (…) Les choix techniques retenus réduisent la dépendance aux opérateurs de communications électroniques (routeurs propres, gestion directe des configurations et des protocoles). Ils (…)illustrent la compatibilité entre l’internalisation des fonctions informatiques et la maîtrise financière globale. «

Simplifier les réponses aux besoins

« (…) mutualisations d’infrastructures ou de services informatiques, tels que la messagerie unifiée, la téléphonie sur internet, le chiffrement ou encore la mutualisation des centres de calcul et de données (…) substituant une solution unique à des moyens hétéroclites et dispersés. »

Partager les systèmes entre services 

Logiciles libres  : « Le partage de développements libres apparaît désormais comme un puissant facteur d’efficience et d’influence. Il permet d’étendre la portée des mutualisations (…).

Agir rapidement et globalement

« Ce tableau souligne la durée trop longue des projets (…) selon l’expérience, la moitié des projets informatiques d’une durée supérieure à trois ans échouent ou sont substantiellement réajustés quant à leurs coûts ou leur périmètre (…) en mode « bêta » les orientations et choix techniques ou ergonomiques sont ajustés en fonction des résultats immédiatement observés sur les usagers.

Des compétences intégrées

« L’administration est en effet confrontée à une véritable « guerre des talents », alors qu’elle avait trop largement externalisé ses compétences informatiques au cours des vingt dernières années. L’intégration au sein de l’administration des meilleurs profils conditionne pourtant sa capacité de pilotage de la transformation numérique. Elle constitue en effet un élément essentiel du dispositif de maîtrise des risques et de réduction des dépenses. »

La culture du changement

« … la transformation digitale ne pourra avoir lieu sans une mobilisation de l’ensemble des fonctions de gestion (gestion des ressources humaines, gestion budgétaire en particulier). Leur bonne compréhension des enjeux, de l’impact et des méthodes de la transformation digitale et la modification nécessaire des pratiques de gestion qui en résulte sont une condition nécessaire à son déploiement . »
 
Lire le rapport complet
 

La DINSIC met à disposition des services numériques communs, à travers des API (connecteurs entre logiciels) qu’elle développe, les collectivités y ont accès !

Voir
https://api.gouv.fr/apis
et 
https://api.gouv.fr/services

Par Florence Durand-Tornare