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Les enjeux du Big Data dans les collectivités, Interview de Jacques PRIOL

Publié le 18 octobre 2017

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La loi pour une République numérique impose à toutes les collectivités de plus de 3500 habitants d’ouvrir leurs données d’ici fin 2018. Les colloques, rencontres, formations et offres de services se multiplient avec un seul objectif : la course à la mise en conformité d’ici le mois de mai prochain. Jacques Priol, consultant et fondateur du cabinet Civiteo, est l’auteur du livre « Le big data des territoires : les nouvelles stratégies de la donnée au service de l’intérêt général » (FYP Editions, à paraître le 14 novembre 2017). Il nous explique les enjeux actuels du big data pour les collectivités.

 

Le sujet du big data est à la mode. Concrètement, à quoi ça peut servir pour une collectivité locale ?

Le big data c’est d’abord un constat : le volume des données disponibles croît à une vitesse exponentielle, les capacités de stockage et de traitement suivent le même mouvement tandis que leurs coûts diminuent. Pour faire simple : les outils et les méthodes qui étaient réservées aux géants du Web ou aux grands laboratoires de recherche, sont maintenant accessibles à tous, qu’il s’agisse de PME et de start-up … ou de collectivités locales ! Et dans la masse des données disponibles, il n’y a pas que les données personnelles collectées pour de la vente en ligne et du ciblage publicitaire. Il y a aussi des données massives d’intérêt général, et même d’intérêt local.

 

Par exemple ?

Nous allons passer l’année 2018 le nez dans le guidon de l’open data. Chacun va regarder quelles données il peut ouvrir pour respecter, d’ici octobre, le cadre fixé par la loi pour une République numérique. Mais il est tout aussi intéressant de regarder les données libérées par les autres et qui concernent chaque territoire : les données de l’INSEE, celles de l’IGN, celles des entreprises délégataires de services public. Sans parler des données libérées par d’autres collectivités à l’échelon intercommunal, départemental ou régional. Et à côté de ces sources facilement identifiables, il y a toutes les données produites par des opérateurs privés qui sont malgré tout d’intérêt général. Quand le GPS communautaire Waze dispose du signalement d’un accident plusieurs minutes avant que les services de secours ne soient alertés, l’usage de la donnée mérite d’être regardé !

 

Quels sont les sujets sur lesquels une collectivité doit être vigilante dans cette grande transformation ?

Les collectivités locales, et l’ensemble des acteurs publics, ont des obligations qui dépassent le simple respect de la loi. Non seulement elles doivent appliquer pour elles-mêmes les règles de protection des données personnelles de leurs habitants, mais elles doivent aussi protéger ces données d’usages déloyaux imaginés par certains. Si elles utilisent des algorithmes de big data, par exemple dans le cadre d’un projet de smart city pour améliorer la gestion des flux ou faire des économies d’énergie, elles doivent garantir la transparence de ces algorithmes. Elles ont aussi une responsabilité particulière dans l’information et l’éducation des citoyens sur les nouveaux usages de la donnée. Ça passe aussi d’ailleurs par une formation renforcée des agents territoriaux et des élus à ces nouveaux enjeux numériques.

 

Est-ce que ces technologies ne risquent pas de creuser le fossé entre les petites communes, les territoires ruraux et les grandes métropoles ?

C’est un risque. Un rapport célèbre opposait les smart cities aux « stupid villages ». Mais les enjeux de la donnée (collecte, stockage, traitement…) se prêtent très bien à des mutualisations performantes. La généralisation de l’open data à partir de 2018 le démontrera certainement : les intercommunalités et les départements (plus rarement les régions) vont progressivement prendre la main et créer des portails communs. C’est en tout cas souhaitable. Et il en sera de même pour les autres usages de la donnée, et à terme le big data.

 

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Votre collectivité met en place des mesures pour favoriser le big data ? Partagez vos action sur ATLAAS :

 

Par Clémence Priou