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Retour sur la première conférence-débat INFOS/DESINFOS à Agen

AGEN, ville Internet [email protected], a organisé le 10 avril 2019, la première conférence-débat INFOS/DESINFOS à l’occasion de l’étape du camion du MAIF Numérique Tour.

 

Entre médias et réseaux sociaux, les parcours d’information des citoyens nécessitent un fort esprit critique

un débat proposé et animé par Florence Durand-Tornare, fondatrice de l’association Villes Internet et membre du Comité d’orientation permanent du Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI).

 

 avec Jean-Marc Merriaux — Directeur du numérique éducatif au ministère de l’Éducation nationale — Pascal Samama journaliste BFM.COM, spécialisé sur le numérique — Alexis Poulin, co-fondateur du média Le Monde Moderne, chroniqueur pour l’émission 28’ sur Arte et esprit libre dans la série de podcasts : la République Inaltérable — Bernard Angaud, président de la Société des Lecteurs du Monde — Consultant média et secteur public.

 

« Comment donner aux gens l’envie d’entendre des opinions qui sont différentes des leurs ? » « Comment utiliser les réseaux sociaux pour sortir de nos propres communautés et diversifier nos points de vue ? »  C’est par ces interrogations que Jean Dionis du Séjour, maire d’Agen, a ouvert la conférence-débat « INFOS/DESINFOS ». Une conférence organisée en complément de l’enquête nationale, du même nom, lancée avec succès par Villes Internet et la MAIF, et déjà relayée par Agen et plusieurs villes françaises.

Réseaux sociaux, « fausses informations »… l’éclairage des intervenants a nourri les esprits de repères précis sur le sujet. Selon Jean-Marc Merriaux, les journalistes éprouvent en ce moment la nécessité « d’expliciter leur rôle dans la société face à la montée d’une information émanant de sources non identifiées et qui apparaît séduisante à un grand nombre d’adolescents et aussi d’adultes ». Dans son intervention vidéo (1), il rappelle que la question du développement de l’esprit critique des enfants « mobilise bien au-delà du système éducatif, avec un engagement de plus en plus fort du rôle des médias ».

Pascal Samama a assumé de poser un passionnant contexte global de ce phénomène récent (texte intégral de son intervention 2) lié à la démocratisation des réseaux sociaux, en citant plusieurs cas de « Fake News » ayant entrainé des drames humains.

Alexis Poulin, avec son franc-parler bien connu, a interpellé les décideurs politiques sur l’urgence d’une éducation, d’une régulation, évoquant la « souveraineté numérique » et le risque d’une marchandisation complète de l’information vouée à un capitalisme de surveillance conforté par des méthodes répandues de manipulation idéologique et commerciale. Il souligne « [qu’] une “fakenews” est souvent plus attractive qu’une nouvelle “vraie” avec un attrait dans la forme et le langage — parfois humoristique — qui la rend virale “.

La valorisation de la profession de journaliste est donc une solution prioritaire pour pallier une ‘infobésité’ qui provoque la méfiance. Bernard Angaud — président de la Société des lecteurs du Monde, est revenu précisément sur le besoin impérieux de renouer avec la confiance des lecteurs dans une information professionnelle, avec déontologie et éthique, pilier de la démocratie. Elle nécessite un modèle économique indépendant et stable pour assumer une transition numérique chaotique pour ce secteur des médias. Il a cité en exemple les chiffres clés du journal de référence en France, en papier comme en numérique et le succès des ‘Décodeurs’, suivi attentivement par un comité de lecteurs vigilants. Inquiet sur ces enjeux il souligne que ‘les fausses informations circulent six fois plus vite que les vraies’

De la salle, Isabelle Martin, coordinatrice du Clemi en Aquitaine, a apporté sourire et optimisme en constatant que les enfants et les jeunes sont friands des dispositifs ludo-pédagogiques d’acculturation aux méthodes de vérification de l’information et à une expression ‘responsable’’ qui leur sont proposés, elle en cite quelques exemples frappants.

Pierre Chollet, premier adjoint au maire d’Agen et Bernard Lusset, adjoint au maire délégué au numérique de la Ville d’Agen, ont successivement appelé les élus et les agents à être les médiateurs de cette culture numérique qui doit lutter contre la désinformation et en premier lieu l’information émanant des services publics. Ils ont par ailleurs appelé au développement de formations dédiées pour connaître les clés d’une information sourcée et validée et les précautions inhérentes aux particularités des réseaux sociaux.

Florence Durand Tornare, a appuyé en conclusion sur la place centrale des collectivités pour aiguiser ‘l’esprit critique nécessaire à une société civique’ construisant solidement ses contre-pouvoirs citoyens sur le modèle des controverses scientifiques. La formation à l’esprit critique commence pour chacun dans l’environnement de son village, de son quartier, dans l’apprentissage de la lucidité par l’échange humain. En tant que responsables de l’éducation par l’école, les municipalités, et avec elles, les départements et les régions, sont engagées de fait dans la continuité de cette acculturation aux risques du numérique, assurée en grande partie avec le secteur associatif qu’elles soutiennent.

 

Loin d’être clos, ce débat se poursuit avec l’enquête, qui a déjà reçu plus de 5000 retours et qui continue à nourrir les discussions. N’hésitez pas à y répondre en moins de cinq minutes en cliquant ici et suivez les prochaines étapes du Maif Numérique Tour ici.

 

Pour aller plus loin

  • Les 5 vidéos des interventions et débats filmés par la ville d’Agen :

  • Le texte de l’intervention de Pascal Samama :

 

 

 

[1] Présent par le biais d’une vidéo préalablement enregistrée.

Par Anna Mélin