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Premier congrès des élus au numérique, consultez la motion adoptée !

Publié le 30 janvier 2019 L'association Palmarès 2019 Presse

Cette motion présente la vision des élus du réseau  » Villes Internet » sur les politiques publiques numériques locales, et leurs objectifs. Dans cette perspective, elle s’intéresse au rôle de l’Etat et aux compétences des collectivités locales, compétences réglementaires et savoir faire.

Elle réaffirme l’importance que la puissance publique nationale mette à la disposition des collectivités les moyens et conditions nécessaires à la réalisation d’ambitions légitimes.

Après deux jours d’échanges en congrès, en s’appuyant sur trois débats participatifs , sur les « pitchs » des élus présents  et sur les contributions postées sur le module de collecte en ligne, la motion  issue du premier Congrès National des Elus au Numérique 2019 a été adoptée ce mercredi 30 janvier 2019 à 17h. Un travail collaboratif avec un avec dispositif numérique de participation en salle et des cartes de co-élaboration ont permis une véritable transparence dans la méthodologie d’expression des idées par les élus et de rédaction. Ce travail, impliquant 120 maires et élus, a été animé  par les  vice-présidents de l’association Villes Internet, Claudy Lebreton, président honoraire de l’ADF, et Anne Le Hénanff, élue au numérique à Vannes, et coordonné par les universitaires, Emmanuel Eveno, premier vice-président de l’Université de Toulouse Jean-Jaurès, et Mathieu Vidal, enseignant-chercheur Université Champollion d’Albi, géographes, respectivement président sortant et nouveau président de l’association Villes Internet.

Ce texte a été immédiatement transmis au cabinet de Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales qui a introduit le congrès, et à Julien Denormandie qui a remis à cette occasion le 20ème Label National Territoires, Villes et Villages Internet à 234 maires.


Le message de Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales

Cette démarche est directement issue de la philosophie de la « démocratie interactive » largement développée par Jacques Levy, lors de sa conférence préalable.

La carte de la motion en plein écran



Motion du Congrès National des Élus au Numérique

  • Pour une égalité d’accès des citoyens au numérique
    Les enjeux du numérique sont tels que la première fracture, celle de l’accès au très haut débit, se doit véritablement d’être résorbée au plus tôt, et sur l’ensemble du territoire national : territoires ultra-marins, ruraux, urbains, péri-urbains.
  • Pour une implication forte des citoyens par une « démocratie interactive »
    Le numérique est un moyen puissant, quand il est associé à des lieux, à des temps de rencontres et d’échanges, pour renforcer la démocratie locale et apporter aux élus une aide à la décision, pour aboutir à des projets plus concertés, plus durables et mieux évalués. Afin d’y parvenir, il est nécessaire de développer conjointement la culture de la participation et la culture numérique dans nos collectivités.
  • Pour une prise en compte des moyens humains et financiers nécessaires, au bénéfice des collectivités
    Le numérique est transversal.
    Il s’ajoute évidemment aux autres enjeux traités par les collectivités locales, à moyens contraints. Il nécessite des investissements humains et financiers, à tous les niveaux (y compris dans les toutes petites communes, elles aussi confrontées à ces problématiques). Cela passe par un élu au numérique et un référent dans chaque collectivité, ou mutualisé entre plusieurs collectivités. L’État se doit de nommer un référent territorial au numérique afin d’accompagner les changements qu’il impose.
  • Pour un accompagnement et une formation de tous les publics, à tous les âges
    Le numérique bouleverse notre société et nos métiers. Des méthodes et moyens d’accompagnement et de formation doivent être déployés pour toutes et tous dès l’école et tout au long de la vie (diplômes, certifications, passeport numérique, etc.) afin de former aux enjeux du numérique l’ensemble des citoyens, des agents des collectivités et des élus. Le numérique éducatif doit aider les citoyens à renforcer leur esprit critique, à déjouer la désinformation et à maîtriser l’usage des objets connectés.
  • Pour une proximité renforcée et une meilleure médiation
    Le numérique ne se substitue pas aux échanges humains. Les services numériques doivent renforcer la proximité avec les citoyens, mais ne doivent pas constituer la seule possibilité : les mairies doivent rester le point d’entrée local du service public. La médiation reste fondamentale, afin d’accompagner les publics en demande ou éloignés. L’État doit proposer des solutions techniques intuitives et fiables, et des moyens humains permettant un meilleur accès aux services.
  • Pour une valorisation de la cohésion des territoires par le numérique.
    Les territoires sont multiples, et il s’agit d’avancer ensemble, à différentes échelles. Les stratégies numériques doivent être portées sur l’ensemble des territoires, en liant le rural à l’urbain, en tenant compte des spécificités et ressources locales. L’État doit coordonner et financer le déploiement de dispositifs publics d’accompagnement aux usages et aux services numériques par des professionnels et dans des espaces publics dédiés (fablabs, espaces de télétravail, colieux…) facilement repérables.
  • Pour une stratégie publique de la propriété de la donnée.
    Les données doivent être traitées dans le respect des droits des usagers et sous leur contrôle (notamment par des conseils numériques locaux). Elles doivent être mises en sécurité sur le territoire national. L’État doit garantir le déploiement de tiers de confiance, assurant aux collectivités la capacité d’accès et d’analyse de ces données, les données personnelles restant la propriété des citoyens (avec la généralisation de France Connect citoyens/agents + Coffre-fort numérique citoyens).
  • Pour une transition numérique qui accompagne la transition écologique.
    Le “territoire intelligent” intègre le numérique dans le cadre des Objectifs mondiaux de Développement Durable, afin d’avoir une consommation responsable et des usages durables du numérique.
    L’État doit mettre en œuvre les recommandations du livre blanc « Numérique et environnement«  en attribuant les moyens nécessaires à son application par ses services et par les collectivités locales.

Par Valerio Motta