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La médiation, enjeu central de la politique numérique de Martigues

Publié le 27 mars 2019 Carte postale

Il y a plus de 100 ans, le 15 octobre 1915, était ouverte aux voyageurs la nouvelle ligne de chemin de fer de Marseille à Miramas. Après dix ans de travaux, cette ligne exceptionnelle par son nombre d’ouvrages d’art, dont le viaduc de Caronte, a inscrit durablement son empreinte dans le paysage et participe toujours au développement industriel et urbain du territoire. Au cœur de ce chemin de fer accroché au flanc de la chaîne de l’Estaque, la ville de Martigues s’inscrit pleinement dans cette histoire tout en se tournant résolument vers l’avenir. Cité de nature, de patrimoine et d’industrie, la Venise Provençale a à cœur de faire reconnaître ses atouts. Elle a ainsi reçu le label « Ville d’art et d’histoire » et obtenu en 2019 les @@@@@ de Villes Internet pour sa politique numérique. Elle a, en outre, bénéficié de la mention spéciale #agents innovateurs.

Le numérique pour tous

Les actions menées par la Ville de Martigues s’efforcent d’embrasser toutes les populations, des plus jeunes aux plus anciens, des publics les plus aguerris à ceux plus en difficultés. Ainsi, tous les services dématérialisés ouverts par la collectivité viennent en complément d’accueils physiques existants. Pour la municipalité, la dématérialisation doit offrir un accès supplémentaire à l’administration et ne pas se substituer aux accueils traditionnels.

Les équipes des Espaces Publics Numériques (EPN) placées sous la responsabilité de la Direction de l’Innovation Numérique et des Systèmes d’Information pilotent la compétence « médiation numérique ». Elles interviennent, dans un premier temps, sur l’accompagnement numérique par la création et l’animation d’ateliers sur des thématiques diversifiées (usage d’un ordinateur, création de jeux vidéo, usage d’imprimante 3D, découverte des sites administratifs…) et pour tous niveaux de compétences (débutant à utilisateur confirmé) afin d’apporter une réponse aux besoins de leurs administrés.

Les EPN développent également de la médiation numérique sur le territoire martégal. Pour cela ils coordonnent un réseau de médiation numérique composé d’acteurs locaux issus de secteurs variés (administrations, associations, entreprises…) démultipliant ainsi l’effort. Un objectif : faire de la médiation numérique une pratique naturelle et courante dans les actions de leurs partenaires.

Le projet de numérique dans les écoles illustre par ailleurs parfaitement l’énergie que déploie la ville sur ce sujet ainsi que la méthode collaborative utilisée pour sa mise en œuvre. Depuis 3 ans, les services de la ville (DINSI, direction éducation enfance, services techniques) en collaboration avec l’Inspection académique et le corps enseignant, s’attachent à promouvoir et favoriser l’usage du numérique dans les écoles maternelles et élémentaires. Des TBI ont donc été installés dans chaque classe (140) des écoles élémentaires en lien avec le projet pédagogique de chaque professeur. Une attention particulière a été portée aux formations afin de garantir l’intégration et la bonne utilisation de ces équipements. Le programme rentre maintenant dans une nouvelle phase, avec la fourniture de 400 tablettes pour les écoles élémentaires ainsi que des TBI et de tablettes pour les grandes sections de maternelles (30).

À Martigues, la médiation numérique prend tout son sens

Par sa vision d’un numérique comme levier d’insertion social, la ville place l’appropriation des outils numériques comme priorité de son action. Elle met l’accent sur les usages avant de parler des outils. Stéphane Delahaye, conseiller municipal en charge du développement numérique et membre du conseil d’administration de Villes Internet, considère d’ailleurs que la médiation fait partie de son ADN. Il se définit comme “un passeur entre la transition numérique de la société et les usagers.”

L’exemple des procédures dématérialisées de cartes grises et de permis de conduire montre l’importance de l’accompagnement des administrés, et cela alors même que ces démarches ne sont pas de la compétence communale. Sur cette procédure dématérialisée, la collectivité prend en charge le suivi des citoyens les plus en difficultés. En effet, les cellules d’accompagnement mises en place par la sous-préfecture ne répondent pas toujours aux besoins de réactivité et de proximité attendus par les habitants. La ville a donc engagé une aide à plusieurs niveaux. Un niveau élémentaire, afin d’offrir un accès aux équipements nécessaires pour la démarche, en mettant à disposition des postes libre-service. Un niveau intermédiaire, assuré par des agents experts sur la procédure qu’il a fallu former à la médiation numérique en vue de guider les administrés non autonomes. Et enfin un troisième niveau, réalisé par les EPN, afin de proposer aux personnes qui le désirent un parcours vers leur autonomie numérique.

Cet exemple illustre parfaitement la stratégie de la ville en matière d’accompagnement à l’usage des services numériques, un soutien adapté aux besoins de chacune et de chacun.

En outre, pour les projets de dématérialisation engagés par la ville, une étape de concertation d’un panel d’usagers est généralement prévue afin de conformer les outils aux usages.

La Venise provençale ne compte pas s’arrêter là

Trois nouveaux services doivent voir le jour d’ici 2020. Une application smartphone Ville de Martigues. Dans un premier temps l’application permettra le signalement d’incidents sur la voie publique, avec géolocalisation et photos. L’application proposera aux citoyens une interaction simple et directe avec l’administration. D’un point de vue technique l’application sera interconnectée avec les outils opérationnels internes, garantissant ainsi un temps de traitement de dossier le plus court possible. L’application, une fois téléchargée, alertera également sur des informations type infotrafic et risques majeurs. Dans un second temps, son spectre fonctionnel s’élargira en centralisant les accès vers l’offre de services dématérialisés (enfance, sport, culture, administration) afin de devenir le portail citoyen de la ville.

De même, la municipalité travaille à l’émergence d’un tiers lieu — fablab avec comme objectif d’inciter au développement par différents acteurs de nouvelles actions autour des usages numériques citoyens.

Enfin, la création d’une Mairie Mobile est en projet. Elle permettra de fournir une réponse aux besoins de proximité et doter la collectivité d’un outil polymorphe et transversal pouvant être exploité pour des utilisations administratives (inscriptions et démarches diverses) comme événementiels (ateliers numériques par exemple).

Martigues ne laisse décidément rien au hasard quand il s’agit de l’Internet citoyen, de quoi mériter pleinement la plus haute reconnaissance de Villes Internet.

 


Vous avez déployé une politique numérique en faveur de l’internet citoyen ?Faites-le savoir en participant au label Villes Internet. Les inscriptions sont ouvertes pour l’édition 2020, dont les précieux @ seront remis le 4 février 2020, permettant à tous les participants de faire connaître leurs actions.

Participer au label

Par Anna Mélin